Par Zone Occupée

Denys Tremblay

©Nicolas Lévesque

Denys Tremblay

Denys Tremblay se définissait comme un artiste quantique parce qu’il mettait en dispositif l’incertitude, l’indécidable, la transmutation, le déplacement pour que l’art devienne une réalité sociale partagée, négociée et gagnée ensemble. Tremblay n’était pas un révolutionnaire mais un « roivolutionnaire ». Il ne rêvait pas à un coup d’état, au grand soir, mais il complotait des « coups d’état d’esprit » locaux qu’il mettait au grand jour. Il préférait avoir 80 % de quelque chose que 100 % de rien du tout. L’art pouvait le tuer… L’auteur Hervé Fischer lui a consacré un livre abondamment illustré (Un roi américain, VLB éditeur, 2009). Pour lui, Denys Tremblay est l’un des premiers penseurs du périphérisme et nous propose un exemple sidérant d’art extrême. Il place l’artiste-philosophe engagé aux limites du possible, au même niveau que Marcel Duchamp mais en adoptant une vision diamétralement opposée. L’auteur Jean-Pierre Vidal estime que Denys Tremblay était un outrepassant. Il aura incarné sensiblement toutes les interrogations et interrogé toutes les pratiques de son temps, finissant par réinscrire la plupart des obsessions dites postmodernes dans une œuvre qui reste, au contraire, fondamentalement moderne. Pour Vidal, il aura fait « un pas au-delà » dans au moins quatre discours capitaux pour la pensée de l’art de notre temps : Duchamp, ses ready-made et sa liquidation/célébration de l’art ; Baudrillard et sa réflexion sur la société de consommation, les simulacres et la fin du social ; Debord et sa critique de la société du spectacle ; enfin, Debray et la mort de l’image au siècle de la prolifération apocalyptique des images.

 

Conférence – Lumières crépusculaires de Denys Tremblay

Il y a un an, à la demande de l’artiste Denys Tremblay, le centre Bang, en collaboration le CEM, ont tourné cette dernière conférence comme un legs pour la postérité. Selon le protocole remis au centre Bang, nous rendons ainsi disponible ce document vidéo à la suite du décès de Denys Tremblay. La pensée de l’artiste poursuit donc sa trajectoire pour aller rejoindre la hauteur des aspirations, la profondeur des idées et la largeur des points de vue.

Dans cette conférence, l’artiste-roi revient sur l’ensemble de sa carrière, ses projets phares notamment le Symposium International de Sculpture Environnementale de Chicoutimi de 1980 souvent considéré comme « l’élément fondateur de l’art en régions », le sauvetage urgent de la Maison Arthur Villeneuve et son intégration à la Pulperie en 1994, le doctorat-œuvre d’art de l’artiste en 1989, ses actions protocolaires tout aussi étonnantes en tant qu’Illustre Inconnu (1983-1997) et son règne unique comme Roi de L’Anse-Saint- Jean (1997-2000).

Visionner la conférence

 

UNE AUTRE HISTOIRE DE L’ART :

Un manifeste du refus local

Version française

another art history :

The local refusal manifestion

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