Denys Tremblay se définit maintenant comme un artiste quantique parce qu’il met en dispositif l’incertitude, l’indécidable, la transmutation, le déplacement pour que l’art devienne une réalité sociale partagée, négociée et gagnée ensemble. Tremblay n’est pas un révolutionnaire mais un « roivolutionnaire ». Il ne rêve pas à un coup d’état, au grand soir, mais il complote des « coups d’état d’esprit » locaux qu’il met au grand jour. Il préfère avoir 80 % de quelque chose que 100 % de rien du tout. L’art peut le tuer… L’auteur Hervé Fischer lui a consacré un livre abondamment illustré (Un roi américain, VLB éditeur, 2009). Pour lui, Denys Tremblay est l’un des premiers penseurs du périphérisme et nous propose un exemple sidérant d’art extrême. Il place l’artiste-philosophe engagé aux limites du possible, au même niveau que Marcel Duchamp mais en adoptant une vision diamétralement opposée. L’auteur Jean-Pierre Vidal estime que Denys Tremblay est un outrepassant. Il aura incarné sensiblement toutes les interrogations et interrogé toutes les pratiques de son temps, finissant par réinscrire la plupart des obsessions dites postmodernes dans une œuvre qui reste, au contraire, fondamentalement moderne. Pour Vidal, il aura fait « un pas au-delà » dans au moins quatre discours capitaux pour la pensée de l’art de notre temps : Duchamp, ses ready-made et sa liquidation/célébration de l’art ; Baudrillard et sa réflexion sur la société de consommation, les simulacres et la fin du social ; Debord et sa critique de la société du spectacle ; enfin, Debray et la mort de l’image au siècle de la prolifération apocalyptique des images.