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Appel de textes et dossiers Zone Occupée #21    

SURVIE

(printemps-été 2021)

Oeuvres: Daniel Corbeil, Module de Survie, 2017-2020

Crédit photographie: Guy L’heureux

 

En 1984 un professeur de l’UQAC s’apprêtait à battre un record Guinness de survie en forêt en solo. Ses 31 jours de survie volontaire qu’il a vécu seul lui ont permis de prendre conscience de l’incroyable vulnérabilité de l’humain et de sa capacité de résilience en situation extrême. André-François Bourbeau nous a appris à mieux comprendre les priorités en état de survie physiologique et psychologique. Nous sommes en quelque sorte des animaux vulnérables qui ont appris au fil des millénaires à dominer leurs peurs et à accepter parfois l’inacceptable afin de survivre. Nos torts et nos travers en sont la résultante tout comme notre incroyable adaptabilité. D’où nous vient cette capacité de survie? Comment l’être humain s’est préparé tout au long de son existence à faire face à l’adversité? 

Il faut encore une fois chercher peut-être du côté des arts et de la culture. Il nous suffit de penser au rôle que joue la littérature fantastique ou le cinéma de science fiction depuis de nombreuses années. Des études récentes tendent à démontrer que les personnes qui raffolent de séries survivalistes ou post-apocalyptiques font preuve d’une plus grande résilience face à l’adversité.

“Après avoir considéré les influences de la personnalité, qui étaient quand même assez fortes, nous avons constaté que plus les gens avaient vu de films sur les zombies, les invasions extraterrestres et les pandémies apocalyptiques avant la COVID-19, mieux ils se portaient dans la pandémie actuelle. Ce genre de films sert apparemment de répétition mentale pour des événements réels.

John Johnson

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De tous temps Homo sapiens fut attiré et séduit par les textures, les formes, les silhouettes, les rythmes, les sons et les mouvements. Des éléments qui ont eu certes un impact direct et positif sur notre survie. Encore aujourd’hui nous admirons la beauté d’une image et la combinaison harmonieuse des couleurs.  L’art active de tous les côtés des circuits de plaisir, déclenchant ainsi une libération de dopamine. “La dopamine est un neurotransmetteur, une molécule biochimique qui permet la communication au sein du système nerveux et influe directement sur le comportement.” La dopamine pousse en ce sens tous nos afflux à la motivation et donc à la survie. 

 

Pourquoi aimons nous la poésie, la littérature et la création musicale, car d’un point de vue anthropologique ces pratiques artistiques simulent les interactions sociales et développent l’empathie, nous permettant alors de vivre plus sereinement dans de grands groupes sociaux, augmentant ainsi nos chances de survie. 

 

Lorsque John Dewey nous parle de l’expérience de l’art, il place en son centre les simulations physiques et physiologiques sans fin qu’il produit. Qu’en sa présence les individus et leur collectivité deviennent plus tolérants, plus créatifs et plus stables créant ainsi les conditions nécessaires à une existence prolongée. « Nous pouvons dire que l’expérience de la beauté [ou de la laideur] est l’un des moyens que l’évolution a pour susciter et maintenir l’intérêt ou la fascination, voire l’obsession, afin de nous encourager à prendre les décisions les plus adaptatives pour la survie et la reproduction.», nous dit d’ailleurs Denis Dutton à ce sujet.

 

La survie est une question de résilience mais aussi de créativité. La représentation visuelle et mentale sert depuis toujours à la transmission des savoirs. Elle est un outil de survie nécessaire qui nous permet d’aborder l’inabordable et de comprendre l’incompréhensible.  En d’autres mots, l’art et la culture nous permettent d’exister et de surmonter l’oubli du temps. À la question de savoir à quoi sert l’art? Nous avons envie de répondre: à notre simple survie!

Pour le numéro 21 de Zone Occupée, nous vous proposons de nous soumettre vos textes ou œuvres qui s’inspirent de cette réflexion sur la thématique : SURVIE.

 

SOUMISSIONS

Les textes proposés (entre 750 et 2 000 mots) peuvent être envoyés en format lettre US (.doc, .docx ou .rtf) à zoneoccupee@gmail.com . SVP inclure, à même le texte, une courte notice biographique, ainsi que son adresse courriel et postale complète. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues. Un accusé de réception sera envoyé dans les jours suivant. Si vous ne l’avez pas reçu, nous vous invitons à communiquer avec nous pour vérifier la bonne réception de votre texte.

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