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Think Pink, pont Sainte-Anne, Chicoutimi, Québec, Canada 2014-2015.

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Crédit photo: Laurane Parrique

http://lparrique.wix.com/lauraneparrique

http://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/5391/think-pink-sur-le-pont-de-sainte-anne

Suite aux évènements qui ont marqué décembre 2013 à Saguenay vis-à-vis du pont Dubuc qui avait brulé en partie lors des travaux de rénovation, des milliers d’utilisateurs ont redécouvert le pont Sainte-Anne situé à ses côtés. La population compris l’utilité de cette infrastructure et son importance et ont profité de ce pont piéton comme alternative d’urgence appuyé par l’armée canadienne. Le pont Sainte-Anne était considéré comme un non-lieu parmi d’autres de la ville, ce lieu de passage, qui devenait encore par l’intervention artistique, un lieu de convergence et de repositionnement du quotidien collectif.

Cette situation particulière m’amena à développer la problématique des lieux, où la rencontre de l’autre ne se fait plus en condition habituelle, ou presque. Par l’espace social à l’intérieur des non-lieux, nous pensons souvent uniquement à leurs fonctions attribuées, déterminant des limites relationnelles par l’aspect de régulation et de dépersonnalisation comportementale, cela par la frontière qu’appose la circulation continue. À ces lieux, nous voyons peu ou plus d’individus en interaction les uns envers les autres. Nous voyons plutôt des gens en transit en ces espaces, semblables à un canal fermé, sur un flux déshumanisé.

De ce fait, sans l’action, nous ne voyons pas souvent apparaitre l’aspect relationnel entre les individus, ou même la relation entre l’individu et son espace de transit. La relation à l’espace devient alors pratiquement virtuelle, et c’est pourtant de cette relation et l’intérêt suscité par elle que peut découler un aspect important de la solidarité sociale, le vivre ensemble. Ainsi, m travail artistique a pour objectif de faire ressurgir la mémoire collective par une action artistique en réaction à ce phénomène particulier et à ce type de lieu. Ici, l’action artistique, au même titre que la pensée pour Fisher, veut concourir à rassembler, à devenir iconique selon ses termes. Le projet aspirait à devenir symbole au cœur d’un lieu empreint d’une teneur éphémère, en changement et en évolution perpétuelle des divers croisements des usagers du lieu à des temporalités et des rythmes hétérogènes. Ce qui m’intéresse dans cet aspect situationnel du non-lieu, c’est l’aspect temporel du quotidien des individus bouleversé par une action artistique. En d’autres mots, changer la relation que les individus ont avec l’espace, en tentant de changer le rythme vécu par la perception de l’action artistique dans un espace devenu invisible par la fonction attribuée.

Maintenant si on pose la question; qu’est-ce que de vivre l’expérience du bouleversement de son quotidien? Plus précisément, qu’est-ce que vivre l’expérience d’avoir pour unique façon de traverser la rivière Saguenay, que d’utiliser la voie piétonnière du pont Sainte-Anne cela du jour au lendemain et pendant presque un mois? C’est donc pour donner suite à l’observation de ce phénomène, de l’étude de ce contexte, et de l’écoute de témoignages d’individus ayant vécu cette expérience que je parviens à mon interprétation. Ainsi, j’ai élaboré un projet artistique qui se voulait le symbole de ce phénomène.

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