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Hic et nunc/ Ici et maintenant, bibliothèque de l’UQAC, Chicoutimi, Québec, Canada, 2015.

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Pour ce projet j’avais invité plusieurs dizaines de personnes à la Bibliothèque de l’UQAC, surtout des chercheurs, étudiants comme professeurs, personnels-cadres de l’université, scientifiques, médiateurs culturels. Ceci, dans l’intention de rassembler ces personnes afin qu’elles rentrent en dialogue les unes avec les autres. Je leur servi un verre de vin et demandai de déposer leur verre vide à l’endroit qui leur semblait pertinent. Après l’évènement, j’entrepris de fixer temporairement chacune des coupes de vin à l’endroit où elle avait été déposée, où que ce soit, sur le premier étage de la bibliothèque. Cette intervention qui relève, dans un premier temps, de l’esthétique relationnelle, contribue, une fois terminée, à une installation éphémère.

 

Cette installation, se veut être le fruit de la superposition de différents espaces en un seul lieu, celui-ci devenu autre. Cette action collective a créé un parallèle entre l’espace d’érudition, l’espace des connaissances, de même que l’espace du discours et de partage intellectuel. Ce projet était en dialogue avec le concept d’hétérotopie de Michel Foucault[1]. On peut également citer l’artiste Paola Pivi qui a laissé vivre un fauve en liberté à travers d’une installation de plusieurs centaines de fausses tasses à cappuccino[2]. Le public ne pu comprendre que c’était un fauve qui avait déplacé toute l’installation et ne le comprit qu’une fois la visite terminée, en voyant les photographies de celui-ci. De la même manière, les utilisateurs de la bibliothèque, le lendemain de l’intervention, ne comprenaient pas pourquoi il y avait des verres de vin un peu partout dans les rayons et sur les tables. Un effet de surprise, voire un malaise d’un autre ordre, a été ressenti par de nombreuses personnes face cette action et sa trace éphémère. Paola Pivi pour sa part, a fait appel à un animal, sachant très bien n’avoir aucun contrôle sur celui-ci. J’ai voulu expérimenter cet aspect, mais à l’aide d’un sujet humain, en faisant appel à des intellectuels pour créer un désordre. Pour la première fois dans ma recherche création, j’utilisais l’apport d’autrui dans le processus de réalisation de l’œuvre, non pas au niveau du concept moteur de l’intervention, mais au niveau de la « forme processuelle » et aussi la « forme-trace » de cette œuvre.

[1] Foucault, Michel. Dits et écrit 1954-1988. France, Gallimard, 1994.

[2] Pivi, Paola, One cup of cappuccino then I go, commandé soutenue par le musée Kunsthalle Basel, Suisse, 2007.

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