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Appropriétés, Un projet de Laurane Parrique et Jérémie Bellemare, ESAM, Caen, France, 2015-2016.

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Appropriétés est un projet d’interaction artistique où deux artistes du Québec et de la France se prêtèrent à un jeu d’appropriation de leurs œuvres respectives qui s’alimenta et évolua inter subjectivement. Le projet prit pour point de départ un ensemble de sérigraphies de Jérémie Bellemare et de Laurane Parrique, lesquels conceptualisèrent et échangèrent. Chacune des sérigraphies évolua ainsi dans un processus d’appropriation et d’interprétation qui mit en relief les référents interculturels des deux artistes. Par ce processus de superposition, le regard actuel de l’artiste a été confronté à l’actualité contextuelle de notre époque et à ses systèmes de signaux indépendants. Par la transformation des contenus, une poétisation de la forme rejoignit une dimension intersubjective des êtres humains en constante évolution en regard d’eux-mêmes et des autres. Nous avons offert une dynamique entre le processus et l’archivage, entre l’ici et l’ailleurs, où l’œuvre d’art est une ouverture sur un ensemble d’interventions en perpétuel mouvement, comme s’il n’avait ni origine ni fin, dans des strates de la formation processuelle de cette recherche-création.

Ce projet a été l’opportunité d’accéder à une production artistique d’objets pouvant être collectionnés. Contrairement à tous les autres projets de type éphémères, ces sérigraphies font office de traces pérennes qui illustrent la pensée sous forme de maquette ou d’Ekphrasis intégrées à même les sérigraphies, décrivant ainsi l’idée que la forme évoque, ou encore l’écriture qui va de l’image à l’image en faisant passer une image en concept. On peut donc décrire cette action comme un dérivé de la réification, dans l’optique du décodage et non uniquement de l’encodage. J’ai procédé de manière diverse sur les sérigraphies de sorte que chaque sérigraphie devenait par l’action unique superposée à l’impression, des monotypes. J’ai utilisé de l’encre principalement appliquée à la plume, au crayon ou alors déposée sous forme liquide, laissant l’encre se mélanger aux autres couleurs de manière quasi aléatoire. Jouant avec le papier pour contrôler la mare liquide colorée sous l’effet de la gravité et de mon œil avisé, je déterminais la forme qui elle-même émergeait peut-être de mon inconscient, face à l’image imprimée.

 

Par cette intervention il a été question de contexte, voire d’identité avec une autre artiste sur un même projet. Le contexte a été celui de l’échange, aussi l’occasion de lâcher prise sur la création finale, car ici le processus de recherche l’emporta sur la finalité qui est en dehors du contrôle de deux artistes. Ceci composa une série d’œuvres, qui chacune comportait une double intervention. En cela, Laurane Parrique, comme moi avant ce projet, travaillait déjà la notion d’espace, mais dans l’optique du mouvement du corps. Grâce à elle, d’autres notions s’ajoutent à l’espace. Par le mouvement, elle implique celle du temps, traduite par la position successive de corps tracés par de multiples lignes de contours. Ceux-ci viennent à former dans ce processus de répétition rappelant ce même rythme qui nous permet de demeurer en vie, le mouvement traduit en un flux de lignes parallèles qui parfois se brisent en leurs successions concourant en une abstraction organisée. Du point de vue de la composition, les images créées par Parrique viennent en complémentarité d’équilibre, tout en se dissociant de l’impression par leur aspect organique, comme une vibration de l’espace réel que laisserait le geste du corps sur le canevas bidimensionnel.

 

Ce projet est issu d’un partenariat entre l’UQAC et l’ESAM. Située à Caen en France, l’exposition eut lieu à l’école supérieure des beaux arts pendant le mois de décembre 2015 et janvier 2016.

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