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Inachevé

Suite à notre propos, il importe peu que les lecteurs, passifs ou actifs, enregistrent automatiquement ou conservent obstinément l’ensemble des expériences vécues, quelles soient globales, partielles ou inachevées. Mais nous sommes en droit de nous demander quelle trace l’inachevé peut-il laisser, outre un rappel quasi mécanique d’un vague souvenir enfoui et vivifié grâce à la remémoration d’informations tangibles et marquées par sa temporalité. Dans les faits, un processus incomplet ne peut avoir l’impact espéré que si ce dernier s’inscrit dans une action calculée et volontairement inachevée. L’inachèvement d’une œuvre permet d’accorder un regard privilégié au processus créatif, dans les interstices de l’interruption, là où se côtoient la genèse et la temporalité de la création. C’est une façon volontaire ou non de mettre en évidence l’inatteignable perfection. L’intensité qui s’en dégage alors nous plonge dans l’introspection du devenir et du possible. Parfois l’inachevé survient par accident, mort ou abandon; c’est l’essence de la vie que l’on peut alors sentir et entrevoir, la fatalité exerçant son apostolat. Que faire alors de la poursuite de l’œuvre délaissée par son créateur? L’inachevé, c’est aussi une allégorie de la complexité du monde qui nous habite, une forme imparfaite et parcellaire issue d’un ensemble plus vaste où l’esthétique cohabite avec le caractère brouillon de nos existences. Dans un monde en recherche constante de perfection et de finitude, comment interpréter l’infini, l’inachevé?

Aujourd’hui, je rédige le huitième éditorial d’une merveilleuse aventure qu’est celle de Zone Occupée. Plus que jamais, j’ai le sentiment que le travail est incomplet et que ce magazine peut jouer un rôle prépondérant dans le développement des arts et de la culture. Un rôle fédérateur, mais aussi celui d’un agent de développement pour toute une communauté d’artistes qui cherchent à prendre leur place sur le territoire de la reconnaissance, du développement et du savoir faire. Bref, un sentiment de dépassement nous pousse à entrevoir le travail à venir et le milieu semble nous dire que celui-ci est inachevé. Nous tenterons de peaufiner nos actions, créer davantage de sens et générer des retombées toujours plus concrètes pour nos principaux clients, soit les artistes, les auteurs et les organisations du milieu culturel.
Nous profitons de la présence dans la région de Monsieur Louis Pelletier, conservateur de la Collection Loto-Québec, et de la tenue de l’événement Repérage-Collection Loto-Québec afin de vous offrir une nouvelle facette de notre implication auprès des artistes. La tenue d’une telle activité nous a permis de poser les bases d’une réflexion sur l’art institutionnel versus le marché de l’art. Je découvre, avec grand plaisir, qu’un nombre grandissant d’artistes s’ouvrent aux foires en art contemporain, mais aussi à une certaine forme de développement international. La présence d’un conservateur et la tenue d’une activité entourant l’idée d’acquérir des œuvres d’art nous portent, dans une certaine mesure, à prendre position. Vous retrouverez donc dans les pages qui suivent un numéro qui porte ses réflexions sur le thème de l’inachevé, mais qui vous propose avant tout d’incarner ce discours, que nous tenons depuis nos débuts, celui de l’utilité et du rôle de Zone Occupée auprès des artistes. Dans cette logique, nous vous offrons un magazine mettant de l’avant plusieurs artistes, une sélection d’œuvres et, au cœur de ce dernier, un commissariat du professeur et artiste visuel Mathieu Valade. Nous souhaitons diffuser le travail de nos artistes mais aussi le promouvoir de manière proactive auprès des acteurs importants sur la scène régionale, provinciale et nationale. C’est pourquoi nous avons entrepris de constituer une liste exhaustive des différents mécènes, collectionneurs et conservateurs sur le territoire du Québec et du Canada afin de leur expédier une copie de cette édition. Suivra une lettre de présentation les invitants à porter une attention toute particulière aux travaux sélectionnés, mais aussi toutes les œuvres à côté desquelles ils passent en écartant les artistes de ces zones décentralisées et périphériques. Vous me direz que c’est peu, mais c’est au moins l’amorce de quelque chose; c’est un pas de plus vers ce marché de l’art qui nous apparaît si souvent intangible. Nous publions un périodique sérieux, nous forgeons notre reconnaissance pas à pas, mais ce qui compte vraiment c’est la qualité extraordinaire des œuvres, toutes disciplines confondues, qui y sont présentées.

Nous sommes fiers d’être l’un des derniers médias indépendants, et c’est aussi grâce à vous qui tenez ce nouveau numéro entre vos mains. •

Bonne lecture!

Derniers commentaires

  1. Yannick dit :Ouais e0a0 fond, mais je me porte pas volontaire pour faire le maeinqunn en plastoc quoique si on est tous fin bourre9s et qu on se loupe je risque pas grand chose

    , Ashish

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