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LES PARTENARIATS COMME MULTIPLICATEURS D’INFLUENCE : LE CAS DES ÉDITEURS FRANCO-CANADIENS

ATELIER : LES PARTENARIATS COMME MULTIPLICATEURS D’INFLUENCE : LE CAS DES ÉDITEURS FRANCO-CANADIENS

 

Catherine Voyer-Léger, directrice générale du Regroupement des éditeurs canadiens-français (RECF) à Ottawa

 

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L’édition francophone hors Québec demeure encore bien méconnue quand on la compare à celle de notre belle province, et le partanariat entre régions culturelles différentes permet de contrer les préjugés au sujet d’une littérature qualifiée péjorativement de « régionale ». Mais pour en faire connaître ses auteurs, promouvoir leur travail et le positionner tout en le commercialisant, les travailleurs culturels impliqués dans la production de livres franco-ontariens se doivent de briser l’isolement et de participer à des événements ponctuels liées à la diffusion de leurs activités, cela sans trop en avoir les moyens et en comptant beaucoup sur le téléphone.

 

Catherine Voyer-Léger nous révèle d’entrée de jeu qu’au-delà du manque de financement avec lequel elle doit sans cesse jongler, et vu la grandeur du territoire qui est couvert par son regroupement, les deux principales conditions gagnante d’un partenariat réussi sont la qualité des individus et l’efficacité des communications. En effet, si une personne seule peut être déterminante dans la réussite d’un projet de collaboration de ce type, cette même personne, si elle s’avère innefficace, peut faire faillir l’activité de soutien et rendre l’exercice assez pénible. Mais que faire avec un partenariat perdant? À ce titre, la vigilance et l’expérience sont de très bonnes conseillères.

 

La participation à des manifestations littéraires importantes sert à provoquer une saine contamination, à faire fructifier les réseaux et à partager les expertises; encore faut-il ne pas doubler les compétences et établir de vrais collaborations qui servent à tous les partis. En effet, certains partenaires potentiels ne font que profiter des ressources disponibles dans le domaine et grossissent leurs événements sans trop offrir d’aide, de services ou de visibilité en retour. L’identification et le respect des rôles et mandats de chacun des associés facilitent à cet égard la réussite de telles coopérations. Préciser les forces et les faiblesses de chaque intervenant et s’en servir pour créer une complémentarité productive; rester en lien avec la même personne ressource et établir une communication continue; respecter les rythmes de travail et clarifier les responsabilités; autant d’autres moyens pour réussir un partenariat idéal. Mais quand rien ne va plus, et qu’on a précisé ses attentes, peut-être est-il temps de ménager ses énergies, de réévaluer la nature de ses collaborations et de se tourner vers des partenaires qui nous rapportent davantage…

 

Plusieurs règles méritent donc d’être suivies afin de favoriser la rencontre avec des écrivains francophones d’ailleurs, développer de nouveaux marchés du livre et rejoindre un public non initié : le partage d’informations au sujet des sources de financement disponibles et de l’accès à de nouvelles ressources; la circulation des auteurs et de leurs textes hors frontières; le classement dans nos librairies de la littérature hors Québec ailleurs que dans la section « littérature étrangère », etc. Ainsi la médiation littéraire, à travers la formation et la diffusion, aidera à contrer l’ignorance face aux auteurs que nous ne connaissons pas, mais dont la culture a des racines communes avec nous, et nous rapprochera du même souffle de ceux de nos milieux respectifs.

 

À ce titre, le RECF a développé le programme les « Passeurs de mots » pour transmettre le goût de lire en français aux jeunes qui vivent dans les communautés francophones hors Québec ou en milieu minoritaire. Le but du programme est de regrouper les intervenants d’une même région et de leur offrir un soutien technique et professionnel pour y former et y animer une communauté de lecteurs et les initier à divers milieux. Huit régions ont été invitées à participer au projet. Pour ce faire, le regroupement a établi un partenariat avec Communication-Jeunesse afin qu’il agisse en tant que ressource en animation du livre auprès des jeunes et pour son expertise comme structure d’accueil pour les passionnés de littérature jeunesse. Les résultats sont probants : 80 intervenants, enseignants, libraires, bibliothécaires, médiateurs culturels ou animateurs de clubs de lecture ont répondu à l’appel, solidifié leurs liens, renforcé leurs compétences et répandu la bonne nouvelle dans leurs organismes et institutions. Tout cela grâce à une dynamique employée de Communication-Jeunesse qui a compris la problématique et s’est investie corps et âme dans l’aventure allant jusqu’à en assurer la pérennité.

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