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JE REFUSE! PETIT MANIFESTE POUR UN APRÈS COVID-19 : CHAPITRE 2

Texte : Jérôme Pruneau

Pour lire ou relire le chapitre 1 : Cliquez ici

Je refuse l’immobilisme écologique de nos gouvernements
Parlant d’autodestruction, le Covid-19 a cette incroyable
effet de la ralentir (l’autodestruction) et d’offrir une parenthèse
heureuse à notre environnement qui, étouffé d’année en année,
respire un peu plus. Comme si la Terre-mère nous disait : bon ça
suffit vos conneries ! Les millions de vols annulés (l’avion étant
l’activité la plus polluante), les millions d’automobiles qui ne
circulent plus (et que nous devons changer aussi aux 5 ans), les
industries arrêtées sont autant de ballons d’oxygène que la planète
peut s’octroyer comme par magie. En un mois d’arrêt, ce sont des
milliers de méga-tonnes de co2 qui ne viennent pas s’accumuler
dans l’atmosphère et qui démontrent combien notre activité
effrénée tue, nous tue. Sera-t-on capable d’en tirer ne serait-ce
qu’une petite leçon ? Si cette parenthèse est reconnue comme
bénéfique pour l’environnement, sera-t-il possible de la renouveler
chaque année en arrêtant mondialement notre machine infernale
quelques semaines par an, réparties sur une année ? Quelques
semaines à moins produire me direz-vous, mais pourquoi pas ?
Quelques semaines de congés en plus à des travailleurs qui, en
vacances, continuent pour autant de faire tourner notre économie
(j’y reviendrai).
En tout cas je refuse, après cette démonstration magistrale
de la Covid-19 du bienfait qu’un arrêt mondial offre à
l’environnement, l’immobilisme de nos gouvernements sur ces
questions cruciales. Nous pouvons toujours nous citoyens nous
engager à faire notre part, celle-ci est ridiculement petite à côté de
ce qu’il est possible de faire en changeant non seulement nos états
d’esprit, mais surtout nos industries. Le pétrole est fini, c’est un fait.

Il est temps d’agir pour une économie verte vers laquelle il faut se
tourner comme nouveau moteur social, industriel et économique.
Et pour cela, nous avons besoin d’un homme ou d’une femme
politique, un-e seul-e, qui doit mettre un poing sur la table, mettre
son pied à terre et oser! Oui oser a Green New Deal comme l’a d’ailleurs proposé la jeune sénatrice démocrate Alexandria Ocasio-Cortez aux États-Unis, un virage vert inédit, radical, pensé et matérialisé par des actions fortes, des investissements massifs (et le
Covid-19 nous montre aussi combien il est possible de débloquer
des fonds pour l’avenir) pour transformer notre industrie pétrolière
en industrie verte, an accompagnant les centaines de milliers de
travailleurs de ces industries vers des formations où ils apprennent
à fabriquer des panneaux solaires plutôt que des pipelines. Oser
obliger tout nouveau bâtiment qui sort de terre à avoir des toits
solaires plutôt que des toits de bardeaux au goudron gluant. (Le
Québec a fait par exemple la démonstration qu’on peut choisir
l’hydro-électricité et avoir des surplus.

La révolution écologique est possible à condition d’investir massivement en recherche et
développement pour faire des voitures (comme on en a déjà fait
certains prototypes) qui sont recouvertes de micro-panneaux
solaires et qui fonctionnent en autonomie complète, pour
construire des champs d’éoliennes en pleine mer le long de nos
côtes comme le fait déjà le Danemark (le soleil et le vent sont des
énergies gratuites et constantes qui offrent, notamment pour le
soleil, autant d’énergie en une journée que ce que nous en
produisons en un an), pour électrifier tous nos transports collectifs
d’abord puis, au fur et à mesure, nos transports individuels. Oser
remplacer nos stations-services en stations électriques, oser
construire tous les bâtiments publics « zéro émission » comme on
sait déjà le faire. Oser piétonner nos centres-villes, multiplier les
tramways, les pistes cyclables, les éclairages publiques au solaire et
aux ampoules LED. Les idées et les possibilités de marchés
économiques sont tellement nombreuses qu’elles pourraient
garantir des millions d’emploi en transformant nos villes, nos
provinces et nos pays.
En plus de ces virages industriels, il y a aussi ceux de la
protection de nos espaces naturels à multiplier, océans, forêts,
montagnes, rivières, avec une gestion des ressources naturelles
contingentée, calculée selon nos besoins et non selon ceux des
actionnaires dont les entreprises dans lesquelles ils investissent
outrepassent aujourd’hui ces espaces : pêches et élevages intensifs,
minières, plantations de monoculture, etc. Prenons exemple sur des
pays avant-gardistes en la matière comme le Costa Rica qui protège
30% de son territoire en réserve naturelle intouchable, permettant
ainsi de garder une biodiversité essentielle, voire à revitaliser
certaines espèces mises en péril dans d’autres pays, comme au
Brésil dans lequel, à l’heure où j’écris ces lignes, l’inconscience et
l’inconsistance d’un seul homme défigurent chaque jour le plus
grand poumon de la planète sans que personne ne puisse intervenir
(sans parler du populicide qu’il est en train de commettre vis-à-vis
de son peuple par son inaction face à la crise du Covid-19). A ce titre,
une ligue mondiale environnementale devrait être mise sur pied
pour pouvoir s’arroger le droit d’intervention au nom de la
préservation supérieure des espèces face aux intérêts économiques
locaux d’un seul pays. Une sorte de justice environnementale
internationale au même titre que la Cour pénale internationale de
La Haye pour les crimes contre l’humanité. Car de crimes contre
l’humanité il s’agit bien ici quand on parle d’immobilisme
écologique. De tous les temps modernes, l’être humain a progressé
grâce à la science et pour la première fois peut-être dans l’Histoire,
on se met à réfuter tous les modèles scientifiques qui démontrent
combien nos systèmes industriels et économiques tels qu’ils
existent aujourd’hui sont néfastes à notre planète. Incroyable
quand même qu’il faille que nous, hommes et femmes de ce monde,
s’en remettent aux paroles et aux actes d’une jeune fille de 16 ans
pour que le message se rende dans les hautes sphères, se fasse
entendre.

Qu’attendons-nous pour épauler Greta ? Sommes-nous
donc si confortables à ne pas vouloir exercer notre pouvoir
d’influence en votant ou en sortant dans les rues ? Et si demain nous
décidions collectivement d’arrêter nos pays comme le Covid-19 le
fait actuellement pour exiger des politiques immédiates et radicales
pour combattre les changements climatiques, auraient-ils d’autres
choix ? Nous devrions certes restreindre certains de nos droits et
libertés de consommer, mais celles de polluer aussi ! Nous sommes
les décideurs, nous avons un pouvoir mais nous l’avons oublié, à
nous de le reprendre car je refuse après cette crise de subir
l’immobilisme écologique.

 

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