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Appel de dossier – Zone #20

Proxémie

Date de tombée pour proposition de textes, oeuvres ou dossiers spéciaux:

9 octobre 2020

Il y a un peu plus de 2 400 ans, Aristote écrivait dans Les politiques qu’« il est évident que l’homme est un animal politique, plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal grégaire ». Bien que deux millénaires nous séparent de lui, son intuition, ou sa science à ce sujet, s’avère tout aussi pertinente aujourd’hui. Nous sommes des êtres grégaires et sociables; c’est un fait incontestable. Nous ne pouvons guère vivre sans l’Autre. Et pourtant, nous sommes des êtres de solitude. C’est l’expérience humaine qui faisait dire à Aristote que nous sommes politiques, mais c’est elle aussi qui, plus récemment, a fait dire à Sartre que « l’enfer c’est les autres ». L’auteur de Huis clos cherchait alors à exprimer la relation conflictuelle entre les consciences. Pour exister en tant que sujet, nous devons objectiver l’autre. Ainsi, nous avons fait de notre façon d’occuper l’espace en présence de l’autre un marqueur d’identité. Mais des évènements particuliers, comme les pandémies par exemple, viennent chambouler l’ensemble de nos interactions sociales, affectives et professionnelles car ils nous obligent à reconsidérer nos distanciations. Et elles ne sont pas que physiques. C’est un des apprentissages que nous devons en tirer. Notre schéma de pensée se construit à travers ces distances entre nous qui créent parfois des éloignements ou des abîmes, mais aussi des proximités et voire des contingences. L’espace que nous occupons n’est pas que matériel; il est social, intellectuel, critique, artistique, territorial, idéologique, culturel, émotif. Nous vivons dans chacune de ces dimensions et chacune d’elles crée des rapports de distanciation qui affectent nos vies, nos psychées, nos corps. De la solitude à la multitude, il n’y a qu’un écart. Et dans un monde qui rapetisse sans arrêt, la seule distance qui compte pour certains est celle qui mène vers un autre monde. Dans tous ces nouveaux espaces, l’art permet alors de retrouver une reconnexion entre nature et culture, mais aussi de déconnecter, de quitter le réel et notre quotidien pour explorer d’autres propositions ou interprétations du monde. Mais à quelles conditions? Faudra-t-il se débrancher pour mieux se reconnecter sur notre réalité? De l’éloignement naîtra peut-être alors cette empathie qui nous fait si souvent défaut. Car il ne fait plus aucun doute qu’aujourd’hui existe une vaste fracture dans nos sociétés qui fait de nous des étrangers l’un face à l’autre. Pour le vingtième numéro de Zone Occupée, nous vous proposons de nous soumettre vos textes ou œuvres qui s’inspirent de cette réflexion sur la proxémie ou la distance. 

SOUMISSIONS

Les textes proposés (entre 750 et 2 000 mots) peuvent être envoyés en format lettre US (.doc, .docx ou .rtf) à [email protected] . SVP inclure, à même le texte, une courte notice biographique, ainsi que son adresse courriel et postale complète. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues. Un accusé de réception sera envoyé dans les jours suivant. Si vous ne l’avez pas reçu, nous vous invitons à communiquer avec nous pour vérifier la bonne réception de votre texte.

 

Gravure d’Honoré Daumier publiée dans Le Charivari, 11 octobre 1840.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Prox%C3%A9mie#/media/Fichier:Daumier_-_Types_parisiens_-_planche_37.jpg

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